Il y a 70 ans , 99 hommes de tous âges étaient pendus à Tulle , pris au hasard parmi la population.

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Après de durs combats dans certains points stratégiques de la ville entre maquisards et occupants, ces derniers plus nombreux en hommes et mieux armés en matériel de guerre prennent le dessus ; les maquisards battent en retraite, leur chef est tué.

Les nazis décident de faire des représailles au niveau de la population mais ces représailles doivent être des actes inhabituels, de ceux qui marqueront les esprits à jamais, et le plus cruel de ces actes sera la pendaison.

De nombreux otages sont réunis et avec un esprit machiavélique les SS pour tenir ces malheureux en haleine commencent à en désigner quelques uns au hasard , les font sortir du groupe sans un mot.

Ils renouvellent leur technique jusqu'à ce qu'il ne reste que 99 hommes. Les autres sont libérés.

Pendant ce temps, d'autres nazis installent des gibets aux balcons des maisons, aux lampadaires et même aux crochets de la devanture du boucher.

C'est là que seront pendus les 99 victimes parmi eux 2 espagnols dont Maximo PASTOR devant des témoins impuissants face à cette atrocité.

L'Ateneo Republicano du Limousin était présent à la commémoration de ce 70ème anniversaire avec une petite gerbe aux couleurs tricolores de notre république déposée au pied du monument aux morts.

La cérémonie s'est déroulée en présence du Président de la République, François Hollande.

A 15 heures - De chaque côté de la stèle se tient un garde républicain ; les porte-drapeaux se positionnent de part et d'autre, devant la stèle , au garde à vous le président Hollande entouré du maire de Tulle et du Préfet de région. Alors que nous attendons que le président prenne la parole , ce dernier tourne légèrement la tête vers moi et me fait un petit signe de tête et un sourire auquel je réponds. J'interprète ce geste comme une reconnaissance à notre drapeau.

Après les discours et les dépôts de gerbe - Le cortège s'ébranle vers le lieu où avaient été déposés les corps et où un mémorial a été érigé. C'est sous une chaleur accablante que nous nous dirigeons vers CUEILLE, les enfants en tête, les familles , les drapeaux et la foule qui est nombreuse.

 

P1020684 Evelyne Mesquida dépose la gerbe de la famille Pastor

 

Puis c'est le salut aux porte-drapeaux ; arrivé à la  hauteur de notre drapeau le Président dit :

«-- vous êtes la seule femme ?

  -- il y en a d'autres ,mais je suis la seule de l'Ateneo

  -- Félicitations, c'est très bien, merci »

Evelyn Mesquida est venue nous retrouvés pour nous présenter à la famille Pastor. Maximo Pastor, le fils de la victime était accompagné de son fils et de son petit fils, il avait déposé une énorme gerbe au pied du mémorial avec le drapeau catalan.

Maximo est une personne âgée qui vient depuis 17 ans d' Alicante pour honorer son père, malgré le temps passé cet homme porte en lui une grande douleur, de celles qui ne s'éteignent qu'avec la vie.

Il nous dit : « Quand j'ai vu le drapeau républicain une grande émotion m'a envahi ».

Il avait les larmes aux yeux et m'a demandé que l'Ateneo continue son œuvre lorsqu'il ne pourra plus venir lui-même, chose que nous avons acceptée sans hésiter.

Nous avons été très sollicités : qui étions-nous , que représentait notre drapeau... C'était la première fois que nous assistions à une cérémonie officielle en Corrèze.

Petite gerbe de l'Ateneo   Maximo Pastor en compagnie de notre porte drapeau

                                   

 

 

Evelyn, Amada et Maximo

 

... L'emplacement est vaste et majestueux, en d'autres moments, seul le bruissement de l'eau qui coule en contre-bas vient bercer le silence qui règne auprès de ces innocents qui reposent en paix, cette eau symbole de la vie qui ne s'arrête pas, qui doit continuer à couler avec la relève des nouvelles générations, celles d'aujourd'hui et celles de demain ...