Une stèle pour les exilés espagnols à Oradour-sur-Glane.

 

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En ce samedi 4 Octobre 2014 nous avons eu l'honneur et la joie d'inaugurer une stèle en mémoire des républicains espagnols requis de force et placés dans le 643ème GTE (groupement de travailleurs étrangers) d'après la loi du régime de Vichy du 27 Septembre 1940.

Cette idée fut soulevée par le Directeur du Centre de la Mémoire, Richard Jesierski et Palmira Desseix, trésorière et co-fondatrice de notre association à l'issue d'une exposition sur Guernica et la Guerre d'Espagne qui eut lieu de Juin 2008 à Mai 2009 .

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Après plusieurs années de travail et avec l'aide de la municipalité d'Oradour, Monsieur Frugier, ancien maire et Philippe Lacroix son successeur ainsi que toute l'équipe municipale, nous pouvons aujourd'hui inaugurer celle stèle.

Le lieu n'a pas été choisi au hasard ; c'est ici, au lieu- dit « La Fauvette » que s'élevait le camp de 1940 à 1942. Le 5 Mai 1941, on pouvait compter un effectif de 220 hommes.

Ils étaient répartis en 5 sections et employés comme charretiers, bouchers, cordonniers, tailleurs ou secrétaires. Mais la majorité travaillaient comme forestiers pour défricher et faire du charbon de bois pour les camions à gazogène. D'autres étaient répartis dans les fermes en tant qu'ouvriers agricoles et même à la papèterie de Saillat, toujours en activité à ce jour.

Une section d'inaptes au travail était maintenue à Oradour.

Nous voulons rendre hommage à 4 de ces hommes que nous avons connu, Raimundo Tejedor, dont l'épouse et ses deux filles sont parmi nous aujourd'hui, Jusep Busó dit Pitú, Francisco Valero et Braulio Del Pozo dont le fils Gérard est notre vice-président.

Nous tenons à ajouter que par le biais du Foro por la Memoria de Guadalajara, Nogare AVILES.a reconnu son arrière-grand-père parmi les personnes ayant séjourné dans le camp.

 

Par ce geste symbolique, l'Ateneo Republicano du Limousin a fait un pas de plus face aux objectifs qu'il s'est donné : devoir de passeur de mémoire.

 

Discours de M. Philippe Lacroix - Maire d'Oradour

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Mme la Présidente de l’Ateneo republicano du limousin, Mmes et messieurs les membres de l’association Ateneo republicano, Monsieur le Président de l’association nationale des familles des martyrs ou son représentant, Mmes et Mrs les élus, Mmes et Mrs,

Avant de commencer mon propos, je veux remercier les services de la gendarmerie et la presse présents aujourd’hui, à Robert HEBRAS, rescapé du massacre du 10 juin 1944 ainsi que notre ami Jean Claude Fauvet, très attaché à notre commune. Je tiens à adresser mes remerciements Palmira DESSEIX infatigable militante de l’association, à Isabel Milor, mon adjointe chargée des affaires culturelles et ancien professeur d’espagnol et à Astrid Cotinaud, professeur d’espagnol résident sur notre commune qui est également parmi nous en jour symbolique.

Mesdames et messieurs,

Nous sommes réunis ce matin pour rendre hommage aux réfugiés espagnols du 643ème GTE.

Cette stèle qui se trouve derrière moi en est, bien sur, le symbole.

En effet, Barcelone tombe aux mains des franquistes le 26 janvier 1939. Vaincus, les républicains espagnols se replient vers la frontière pyrénéenne. C’est la retirada, la retraite, l’exode massif de 470000 réfugiés qui traversent les Pyrénées et viennent chercher refuge en France.

Des centres spéciaux de rassemblement d’étrangers, des camps dits de « recueils », « d’internement » ou de concentration sont crées en toute hâte.

Peu après, un effort de rationalisation intervient. Au décret du 13 janvier 1940 créant les CTE (compagnie de travailleurs étrangers), succède la loi du 27 septembre 1940 instaurant les GTE (groupements de travailleurs étrangers).

L’objectif visé par le gouvernement de Vichy est double : d’une part, encadrer les républicains espagnols considérés par nature comme suspects en exerçant sur eux un contrôle rigoureux et d’autre part, limiter la population des camps du sud ouest en utilisant une main d’œuvre étrangère, bon marché, corvéable à merci et encadrée.

Ces normes traduisent une logique de contrôle et d’exclusion.

Le 643 ème GTE était installé dans les châtaigneraies jouxtant cette voie communale appelée maintenant « allée des landes ».

Les réfugiés travaillaient dans les fermes, participaient à l’extraction du charbon et vivaient dans des cabanes qu’ils avaient eux même confectionnés. Il convient de préciser qu’ils étaient placés sous commandement.

A partir de 1942, ils ont été déplacés vers Aixe sur Vienne.

Aujourd’hui, en ce jour de commémoration, nous avons une pensée pour ses travailleurs, pour leur courage, leur volonté et leur attachement aux valeurs républicaines. Nous pensons aux familles Espinoza, Gil-Ezpinoza, Gil-Egea, Lorente, Serrano, Telles, victimes innocentes de la barbarie nazie le 10 juin 1944.

Cette stèle témoignera à jamais de notre reconnaissance et de notre profond respect envers eux. Oradour se devait de leur rendre cette hommage ce matin, pour l’histoire, pour la République et pour l’avenir afin que les jeunes générations se souviennent qu’il y 74 ans des femmes et des hommes venues d’Espagne, épris de liberté sont venus travailler ici à Oradour, dans des conditions difficiles et au péril de leur vie.

Je vous remercie. 

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Este sábado 4 de octubre de 2014, tuvimos el honor y el placer de inaugurar un monumento en memoria de los republicanos españoles requeridos a la fuerza y metidos en un campo, el 643 grupo de trabajadores extranjeros conforme a la ley del régimen de Vichy del 27 de septiembre de 1940.

La idea nació gracias al director del Centro de la Memoria Richard Jezierski y de Palmira Desseix, tesorera y cofundadora de nuestra asociación, después de la exposición sobre Guernica y la Guerra de España de junio 2008 hasta mayo 2009.

Tras varios años de trabajo y con la ayuda del municipio de Oradour hoy podemos inaugurar esta estela.

El lugar no es fruto del azar; aquí mismo se encontraba el campamento de 1940 a 1942.

 

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En 1941, constaba de 220 hombres repartidos en 5 secciones muy diversas; eran empleados como peones, carniceros, zapateros, sastres o secretarios. La mayoría trabaja en el bosque cortando árboles y haciendo carbón de leña; otros eran arrendados a agricultores. Algunos, incapacitados para el trabajo quedaban en el pueblo.

Queremos rendir homenaje a 4 de ellos que conocimos: Raimundo Tejedor cuya esposa está presente con sus dos hijas, Jusep Busó ‘Pitú) que nos vino a ver en 2012, Francisco Valero y Braulio Del Pozo cuyo hijo Gérard es nuestro vicepresidente. Gracias al Foro por la memoria de Guadalajara, Nogare Avile reconoció a su bisabuelo en una foto de los que se encontraban en el campamento.

Con este hecho simbólico, el Ateneo republicano du Limousin ha dado un paso más hacia los objetivos que se ha fijado: el deber de memoria.



Discurso del Alcalde de Oradour sur Glane, Philippe Lacroix

Antes de empezar, quisiera dar las gracias a la gendarmería, a los periodistas presentes, a Robert Hébras, superviviente de la masacre del 10 de junio de 1944 así como a Jean-Claude Fauvet, muy ligado a nuestro municipio; también quiero darles las gracias a Palmira Desseix, incansable militante de la asociación, a Isabel Milor, mi teniente encargada de la cultura y ex profesora de español y a Astrid Cotinaud, profesora de español y habitante del pueblo presente igualmente en este día simbólico.

Señoras, Señores,

Estamos reunidos esta mañana para rendir homenaje a los refugiados españoles de la 643 agrupación de trabajadores extranjeros.

Esta estela aquí detrás de mi es el claro símbolo.

En efecto, Barcelona cae en manos de los franquistas el 26 de enero de 1939. Vencidos, los republicanos españoles huyen hacia la frontera pirenaica. Es la Retirada, el éxodo en masa de 470.000 refugiados que cruzan el Pirineo buscando refugio en Francia.

Centros especiales de agrupación de extranjeros, campos dichos de “acogida”, de “internamiento” o de “concentración” se crean a toda prisa.

Poco después, interviene el esfuerzo de racionalización. Al decreto del 13 de enero de 1940 creando las CTE( compañías de trabajadores extranjeros), sucede la ley del 27 de septiembre de 1940 instaurando los GTE (grupos de trabajadores extranjeros).

El objetivo tendido por el gobierno de Vichy era doble: por una parte vigilar a los republicanos españoles considerados naturalmente como sospechosos ejerciendo sobre ellos un control riguroso,

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